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L'histoire de Jo Ellen Clifton

Le 19ième jour du mois de Asmá en l'an de grâce 158 de l'ère Bahá'íe

Mon père était un ministre chrétien. J'ai grandi avec les classes du dimanche, des études bibliques, des sermons, tout ça. Quelquefois nous recevions la visite de missionnaires venant de pays lointains, des Indes et d'autres endroits. Nous entendions parler des peuples des autres religions. J'ai commencé à me questionner comment Dieu pouvait bien être tout amour, alors qu'il y avait des gens qui n'étaient pas sauvés n'étant pas chrétiens, ou n'ayant peut-être jamais entendu parler de Jésus. Il m'apparut que tous les peuples sont des enfants de Dieu. Durant les classes du dimanche, nous chantions Jésus aime tous les enfants de la terre. Parfois je m'asseoyait et me demandait si Jésus était déjà revenu.

J'allai dans un collège chrétien. J'entendis alors parler de la religion Bahá'íe d'un compagnon. Ça semblait trop beau pour être vrai. Un véritable rêve. Je m'en éloignai. Des années plus tard je fus au beau milieu d'un nauvrage matrimonial qui allait à la dérive. C'était en 1970. Mes enfants étaient alors âgés de 2 et 4 ans. Je suis allé à une Église méthodiste à Quicy, en Illinois. le ministre avait un esprit très ouvert et avait une classe comparant les différentes religions. Il invita une Bahá'íe à parler et ce que celle-ci avait à dire m'intéressa suffisamment pour lui demander de plus amples détails sur la Foi Bahá'íe. Elle m'invita à un coin de feu chez elle et je me sentais attirée par la Foi. Je vins chez elle à de nombreuses reprises, posai des questions, lis de la littérature. Elle me montra le plus grand des amours et beaucoup de considération dans une période de ma vie où j'en avait le plus besoin. Il n'y avait qu'une chose qui me troublait. Les Bahá'ís de Quincy continuaient à parler des Briseurs du Covenant. C'était ces gens qui menaçaient la Foi et les Bahá'ís ne devaient pas s'associer avec eux. Je ne pouvais pas comprendre comment une religion qui professait l'unité de toutes les religions pouvait rejeter des gens qui croyaient fondamentalement en la même religion. Encore, je m'éloignai.

Je me suis divorcée de mon mari et j'ai déménagé à Birmingham, Alabama. Alors, je pensais que peut-être Dieu n'existait pas, quoique je visitais une Église unitarienne. Je pris conscience d'un vide spirituel dans ma vie. J'avais mis de côté les dépliants Bahá'ís et n'y pensai plus. Un dimanche alors que le ministre était en vacance, on invita un Bahá'í à donner une causerie à l'église. J'étais tellement excité d'entendre à nouveau à propos des Bahá'ís et j'allai par la suite religieusement à tous les coins de feu chaque semaine. Je posai au Bahá'ís des questions à propos des Briseurs du Covenant. Ils m'expliquèrent que le bris du coveant était une maladie spirituelle, que les briseurs du covenant voulaient détruire la Cause de Bahá'u'lláh et que nous étions enjoints de les éviter. J'acceptai cela et devint Bahá'íe en 1974. J'entendis ensuite parler de Mason Remey et je reçu l'instruction qu'il avait violé le Covenant et s'était déclaré le Gardien par gloire personnelle et intérêt égoïste. Tous les gens qui le suivirent disparaîtrait en temps et lieu, comme l'écume sur l'océan.

La Foi Bahá'íe prit une place extrêmement importante dans ma vie. Mes enfants étaient nourris et enseignés dans les classes des enfants Bahá'ís. J'assistais à des approfondissements et des écoles d'été et j'étudiais les Écrits. Je comprenais que suite au décès de Shoghi Effendi, il ne pouvait plus avoir de Gardiens parce que Shoghi Effendi n'avait pas d'héritiers et que le Testament d'`Abdu'l-Bahá affirmait que le Gardien devait être un descendant biologique de Bahá'u'lláh, que Shoghi Effendi n'avait pas laissé de testament, etc. J'aimais les enseignements de Bahá'u'lláh et d'`Abdu'l-Bahá et j'essayais de les suivre le mieux que je le pouvais. J'avais lu le Testament d'`Abdu'l-Bahá et La Dispensation de Baha'u'llah par Shoghi Effendi, mais avec une compréhension différente.

En 1975 je me suis mariée avec Robert Clifton. Il était déjà Bahá'í lorsque nous nous sommes rencontré. En 1981 ou 1982, Robert démissionna de la Foi Bahá'íe. J'avais vraiment mal, mais continuai à être fidèle, peut-être même plus ne dépendant plus sur lui lorsque je me sentais sans espoir. Je restais active, enseignant à des écoles d'été de temps en temps, servant comme représentante du trésorier pour le fonds national, fut nommée il y a quelques années comme assistante pour un membre du corps auxiliaire pour la protection de la Foi dans une petite région de la côte d'Oregon. J'ai travaillé vraiment fort dans ces activités pendant à peu près un an et j'ai aidé une communauté à regagner leur Assemblée spirituelle locale.

L'été dernier, Robert m'a informé qu'il avait réfléchi au sujet de la Foi Bahá'íe, qu'il était venu à la conclusion que la Foi Bahá'íe était véridique et que Joel Bray Marangella était le Gardien de la Foi Bahá'íe. Je n'aurais pas pu être plus ébahie. Cela signifiait que s'il était un briseur du Covenant, je devrai le quitter pour être fidèle au Covenant. Ce fut une crise réelle de foi pour moi. Je n'aurais jamais cru que Dieu me demanderait de le quitter ou qu'il était une mauvaise personne essayant de détruire la Foi. Peut-être rien de tout cela n'était valide. Je me souvins alors qu'il y avait un Dieu et que les Écrits Bahá'ís proviennent de Dieu. Je ne savais pas quoi faire avec toutes ces pensées et sentiments contradictoires. Robert dit qu'il voulait assister à la Convention des Bahá'ís Orthodoxes à Santa Fe. Naturellement, je me sentait vraiment menaçée, mais je consentis finalement qu'il devrait peut-être y aller, en espérant qu'il découvrait les vraies couleurs de ces briseurs du covenant. Robert voulu m'y emmener et au début j'étais très réticente. J'avais été avertie par les chers amis Bahá'ís de Sioux City, Illinois, que Robert se dirigeait vers un chemin périlleux et qu'il était de ma responsabilité d'être son phare et de le guider loin du danger dans lequel il se trouvait.

En mai, j'ai assisté à une conférence intitulée L'Art Sacré de Mourir. C'était une conférence pour des professionnels pour les gens du troisième âge et l'animateur de l'atelier était un Catholique, ancien prêtre, maintenant marié. Il apporta des traditions d'une variété de religions mondiales et donna une présentation vraiment émouvante et inspirante, en se concentrant sur l'élimination des préjugés et le respect de toutes les religions. Sur le chemin du retour, je pris au vol un journal avec l'entête que le Pape s'était réuni avec les Catholiques Orthodoxes et les Musulmans. J'étais abasourdie et losque revenue à la maison je dis à Robert que les Catholiques allaient fort probablement unifier le monde! Je décidai que si le Pape pouvait se réunir avec des gens de différentes traditions, je pourrais aller avec Robert à New Mexico, mais y allai avec de grandes réserves.

Je remercie les Bahá'ís orthodoxes pour leur amitié et générosité qu'ils m'ont montré. J'ai senti qu'elles étaient sincères. Toutefois, j'ai été très mécontente d'entendre des commentaires que les Baha'is sous la Maison Universelle de Justice n'aimaient pas `Abdu'l-Bahá. Je savais bien le contraire. j'avais aimé le Maître depuis des années et essayait de mon mieux pour suivre ses enseignements le plus fidèlement possible. Je n'aimais pas entendre parler de la grande violation et j'étais presque repoussée par ce qui me semblait être un langage dur. Il me semblait que tout le centre d'attention portait sur la division dans la Foi Bahá'íe, laissant très peu de place pour les enseignements spirituels dans les Écrits. Comme ceux d'entre vous qui étaient présents, je réagissait de façon très émotive. Janice Franco me montra un tel amour et une telle patience que je fus capable de respirer et regarder un peu plus loin. Je ne pourrais pas la remercier suffisamment.

Durant les derniers mois, j'ai lu les journaux de Mason Remey que Janice m'a envoyé. J'ai lu les documents que Frank m'a donné, ainsi que les photocopies des ateliers à la conférence de New Mexico. J'ai aussi lu les matériels envoyés par les chers amis Bahá'ís sous la Maison Universelle de Justice. Je lus et relus la Tablette du Feu et la Tablette du Saint Marin. J'ai essayé très fort de réconcilier les deux côtés de la Foi ainsi que de discerner la vérité. Je ne sais pas si je pourrai un jour connaître complètement la vérité. Il fallait qu'une décision soit prise. Il m'apparaît que suite à la mort de Shoghi Effendi, les Mains de la Cause n'ont pas suivi le Testament d'`Abdu'l-Bahá et qu'elles auraient dû accepter ou du moins considérer la Proclamation de Mason Remey au Gardiennat. Il me semble que l'interdiction par la Maison Universelle de Justice contre regarder à nouveau à ce qui s'est passé se révèle être un reniement flagrant du principe de la recherche indépendante de la vérité et qu'en déclarant ceux qui le font sont des briseurs du covenant, elle agit de façon similaire à l'inquisition. Il m'apparaît que les Baha'is orthodoxes suivent le Covenant. Il m'a paru intéressant de noter que la Maison Universelle de Justice a parrainé un volumineux énoncé sur L'Éducation et la Liberté de Croyance.

Désormais, je sais par ma propre expérience que la majorité des Bahá'ís sont des gens sincères, bons, essayant de vivre selon les enseignements de Bahá'u'lláh et croyant qu'ils suivent le Covenant. Je suis vraiment attristée que les deux côtés ne peuvent se réconcilier. Peut-être s'agit-il du plan de Dieu. Je ne sais pas. Maintenant j'ai besoin de savoir ce que Dieu veut que je fasse. Je pris pour discerner ma mission. Je pris pour que tous les Bahá'ís soient unis. J'ai toujours cru qu'il n'y avait qu'un seul Dieu et qu'Il aime toute l'humanité. Cette croyance m'a amené à la Foi en premier lieu.

J'accepte que le Gardiennat a continué et qu'il doit y avoir un Gardien vivant. Je continuerai à prier pour que tous les Baha'is s'unissent dans l'amour et l'unité.

O mon Dieu! O mon Dieu!

Unis les coeurs de tes serviteurs et révèle-leur ton grand dessein. Puissent-ils suivre tes commandements et observer ta loi!

Aide-les, ô mon Dieu, dans leurs efforts et accorde-leur la force de Te servir.

O Dieu, ne les abandonne pas à eux-mêmes mais, par la lumière de ta connaissance, guide leurs pas, et par ton amour réjouis leur coeur.

En vérité, Tu es leur Recours et leur Seigneur.

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C'est par cette prière de Bahá'u'lláh que se termine cette courte biographie de Jo Clifton.

Le gardien de la Foi Bahá'íe