La Proclamation des Mains de la Cause

 traduction publiée dans Le Covenant, par Nosrat Tirandaz, pages 196-203
Librairie bahá'íe, Paris, I.S.B.N. 2-9506563-5-9

Nous prenons ici la traduction publiée à Paris par l'Assemblée spirituelle locale de cette ville, assemblée-mère qui prépara l'élection de l'Assemblée spirituelle nationale des bahá'ís de France. Cette élection eut lieu en avril 1958.

Proclamation des Mains de la Cause
adressée aux bahá'ís de l'Est et de l'Ouest

Amis bien-aimés,

Neuf jours à peine s'étaient écoulés depuis l'inhumation des restes de notre bien-aimé Gardien, Shoghi Effendi, à Londres, quand les Mains de la Cause se sont rassemblées au nombre de 26, au Centre Mondial de la Foi en tant que principaux serviteurs du commonwealth mondial embryonnaire de Bahá'u'lláh, afin de se consulter sur la situation la plus tragique à laquelle les bahá'ís ont à faire face depuis l'ascension d''Abdu'l-Bahá, et de prendre toutes les dispositions nécessaires et appropriées pour la sauvegarde des plus hauts intérêts de notre Foi.

Le 18 novembre, nous, les Mains, avons tenu une réunion commémorative à Bahjí dans le Haram-i-Aqdas entourant le
Tombeau le plus sacré du monde bahá'í; puis nous sommes entrés dans la chambre du saint tombeau et nous nous sommes
prosternés dans la plus grande humilité devant le seuil sacré.

Le matin suivant, le 19 novembre, neuf Mains de la Cause choisies parmi celles de Terre sainte et des continents d'Orient et d'Occident ont, avec Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum, brisé les sceaux apposés sur les coffre-fort et bureau du Gardien et examiné soigneusement leurs précieux contenus. Ces mêmes Mains, rejoignant les autres Mains réunies dans le Manoir de Bahá'u'lláh à Bahjí, ont certifié que Shoghi Effendi n'avait laissé aucun testament. De plus, il fut certifié que le bien-aimé Gardien n'avait laissé aucun héritier, les Aghsáns (branches) étant tous morts ou ayant été déclarés violateurs de l'Alliance par le Gardien, pour leur infidélité au testament d''Abdu'l-Bahá et leur hostilité envers celui qui fut nommé premier Gardien dans ce document sacré.

Lorsque les Mains de la Cause réalisèrent que Shoghi Effendi n'avait pu désigner de sucesseur, leur première réaction les
fît sombrer dans un réel abîme de désespoir. Qu'adviendrait-il de la communauté mondiale de ses compagnons dévoués, si
le guide, l'inspirateur, l'auteur des Plans de toutes les activités bahá'íes dans tous les pays y compris les îles, ne pouvait plus accomplir sa mission unique?

De ce gouffre ténébreux, cependant, la contemplation de la propre vie du Gardien, vie de pur sacrifice, délivra peu à peu
nos coeurs angoissés. Shoghi Effendi lui-même, nous le savons, aurait été le premier à rappeler aux Mains et à l'importante communauté des croyants, que la dispensation de Bahá'u'lláh a vivifié ces pouvoirs et ressources de la Foi existant dans l'humanité, et par lesquels se réaliseront l'unité des peuples et le triomphe de son ordre mondial. À la lumière de cette compréhension nouvelle, l'assemblée des Mains put percevoir, avec une gratitude accrue, l'existence de ces innommables bénédictions que Shoghi Effendi a fait naître et qu'il a laissé comme un legs véritable à tous les bahá'ís.

Le Centre Mondial n'a-t-il pas été fermement établi avec ses tombeaux sacrés et ses institutions? Le message n'a-t-il pas
été proclamé dans 254 pays et dépendances? Les Assemblées spirituelles nationales et régionales, précurseurs de la
Maison Universelle de Justice n'ont-elles pas été implantées dans 26 grandes régions, sur tous les continents? Le Gardien
ne nous a-t-il pas laissé non seulement ses incomparables traductions de la littérature bahá'íe sacrée pour les bahá'ís lisant l'anglais mais aussi ses propres chefs-d'oeuvre d'interprétation qui nous font apparaître l'édifice indestructible d'un ordre bahá'í et d'une communauté mondiale en évolution? S'appuyant sur la base durable que constituent les Tablettes du Plan Divin du Maître, n'a-t-il pas lancé la Croisade Mondiale pour guider notre travail jusqu'en 1963?

Dans ses mystérieuses prévisions des besoins présents et futurs de la communauté bahá'íe, le Gardien n'a-t-il pas, de plus, appelé à l'existence le Conseil International Bahá'í ainsi que les 27 Mains de la Cause et leurs auxiliaires qu'il a qualifiés de principaux serviteurs du commonwealth mondial embryonnaire de Bahá'u'lláh, dans sa dernière communication envoyée aux bahá'ís?

Dans une expérience d'ébranlement à l'échelle mondiale telle que celle traversée par les bahá'ís durant ce mois, de telles
constatations ne peuvent que nous révéler la force avec laquelle Shoghi Effendi a établi les fondations de l'ordre mondial de Bahá'u'lláh par la nomination des Mains de la Cause ainsi que celle du Conseil International Bahá'í, institution qui est destinée à devenir la Maison Universelle de Justice.

En tant que principaux serviteurs du commonwealth mondial embryonnaire de Bahá'u'lláh, nous, Mains de la Cause, avons
formé un corps de neuf Mains pour servir au Centre Mondial bahá'í.

Ce corps de neuf Mains s'occupera de protéger la Foi avec énergie contre les attaques venant du dedans ou du dehors de
la communauté bahá'íe, signalées par les Mains de la Cause dans leurs régions ou par les Assemblées nationales ou
régionales ou contre celles qui s'élèveraient en Terre sainte.

De même la correspondance sera maintenue avec les Mains de la Cause travaillant sur les divers continents. Ce même
corps correspondra avec les Assemblées nationales, sur les sujets ayant rapport avec la poursuite des objectifs du Plan de Dix ans. Sur les affaires ayant trait à des questions administratives, ce même corps aidera les Assemblées nationales en citant les passages de la littérature sacrée bahá'íe qui guideront les Assemblées vers une solution juste.

Quant au Conseil International Bahá'í, nommé par le Gardien et annoncé dans ses communications au monde bahá'í, cet
organisme accomplira finalement son but, au cours du temps, par la formation de la Maison Universelle de Justice, cette
institution suprême à laquelle, nous l'assure le testament du Maître, l'infaillibilité est divinement conférée: source de tout bien et exempte de toute erreur. Le travail principal du Conseil a été d'agir en tant que représentant du Gardien dans les affaires concernant le gouvernement israélien et sa cour de justice.

Amis bien-aimés, Shoghi Effendi ne nous a-t-il pas fait le legs le plus précieux en nous accordant le privilège de la
constance dans la Foi de Bahá'u'lláh et de la dévotion en enseignant son message? Du fond du coeur, voici les
supplications que nous adressons à chaque bahá'í: l'heure est venue, comme elle vint avec l'Ascension d''Abdu'l-Bahá,
pour les vrais bahá'ís de se distinguer par leur fermeté dans l'Alliance et par leur rayonnement spirituel tandis qu'ils iront de l'avant dans l'immense travail entrepris dans chaque région de la communauté mondiale, cela pour chaque individu bahá'í. Pour l'instant il est possible et probable que nos ennemis implacables lancent des attaques, supposant dans leur ignorance que la Foi de Bahá'u'lláh est affaiblie et sans défense.

Par la consécration de notre esprit, nous sommes armés contre toute forme d'assaut et nous avons en mains les armes de
la Foi par lesquelles le triomphe des buts et des desseins du Gardien est assuré. Les Mains de la Cause décidées à mener
à bien sous tous leurs aspects, les voeux et les souhaits exprimés par le Gardien, font appel aux Assemblées
nationales pour procéder à l'organisation des conférences intercontinentales que Shoghi Effendi avait projetées pour 1958 et pour faire de chacune d'elles un point important de ralliement et de décision pour achever les tâches de la prochaine phase de la croisade mondiale. De plus, nous avons à ne pas perdre de vue les autres tâches fixées comme objectifs à atteindre d'ici 1963 dans le Plan de Dix Ans.

En attendant, le Corps entier des Mains convoqué par les neuf Mains du Centre Mondial décidera quand et comment le
Conseil International Bahá'í devra évoluer à travers les étapes successives tracées par le Gardien, étapes dont le point
culminant sera l'élection de la Maison Universelle de Justice par les membres de toutes les Assemblées spirituelles
nationales.

Lorsque cette institution divinement ordonnée sera mise sur pied, toutes les conditions de la Foi pourront être examinées à nouveau et les mesures nécessaires en vue de son fonctionnement futur pourront être déterminées en consultation avec les Mains de la Cause.

Ô Dieu, mon Dieu! Protège tes serviteurs fidèles des maux de l'égoïsme et de la passion; que l'oeil vigilant de ta tendre bonté les garde de toute rancune, haine et envie; abrite-les dans la forteresse imprenable de ta Cause et, les préservant des flèches du doute, fais d'eux les manifestations de tes signes glorieux; illumine leur visage des rayons éclatants que répand l'Aurore de ta divine Unité, réjouis leur coeur par les versets révélés de ton saint royaume, affermis leurs reins par ton pouvoir suprême qui émane de ton Royaume de Gloire. Tu es le Généreux, le Protecteur, le Tout-Puissant, le Bienveillant!

Ô vous qui demeurez fermes dans l'Alliance! Quand l'heure viendra où cet oiseau opprimé, aux ailes brisées, aura pris son essor vers le Céleste Concours, quand il se sera hâté vers le Royaume de l'Invisible et que son corps mortel aura été ou perdu ou caché sous la poussière, il incombe aux Afnáns issus de l'Arbre de Sainteté, qui demeurent fermes dans l'alliance de Dieu, aux Mains (pilliers) de la cause de Dieu (que la gloire du Seigneur soit sur elles) et aux amis et bien-aimés, de s'élever coeur et âme et, d'un commun accord, de s'empresser tous sans exception, de diffuser les doux parfums de Dieu, enseigner sa Cause et promouvoir sa Foi. Ils ne doivent pas chercher le repos ni faire de trêve un seul instant. Ils doivent se disperser dans tous les pays, passer sous tous les climats, voyager dans toutes les régions. Pleins de zèle, sans repos et inébranlables jusqu'à la fin, ils doivent, dans chaque pays, lancer ce cri triomphal: Ô Toi la Gloire des Gloires! (Yá-Bahá'u'l-Abhá), établir leur renommée partout où ils passeront, brûler avec éclat tels des luminaires dans chaque réunion, et allumer le feu de l'Amour divin dans toutes les assemblées, afin que la lumière de la vérité jaillisse, resplendissante au coeur même du monde, que dans tout l'Orient et l'Occident, une multitude vienne se ranger à l'ombre du Verbe de Dieu, que les douces saveurs de Sainteté diffusent, que les visages brillent, radieux, que les coeurs soient remplis de la Spiritualité divine et que les âmes deviennent célestes.

En ces jours, ce qui importe avant tout, c'est de guider les peuples et les nations de la terre. L'enseignement de la Cause est de la plus haute importance, car c'est la pierre angulaire principale de la fondation à promouvoir la Cause et à exhorter les peuples à servir. Il n'a pas pris un instant de repos jusqu'à ce que la renommée de la cause de Dieu ait retenti à travers le monde et que les accents célestes du Royaume d'Abhá aient éveillé l'Orient et l'Occident. Les biens-aimés de Dieu doivent suivre le même exemple. Tels sont le secret de la fidélité et les conditions requises de la servitude au seuil de Bahá!

Avec dévotion dans le service de la Foi de Bahá'u'lláh

Manoir de Bahá'u'lláh, Bahjí, 'Akká, Israel, le 25 novembre 1957.

     'Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum

     Herman Grossmann

     Adelbert Muhlschlegel

     Charles Mason Remey

     Ugo Giachery

     Amelia E. Collins

     Musa Banání

     Leroy Ioas

     Clara Dunn

     'Alí Muhammad Varqá

     Agnes Alexander

     Tarázu'llah Samandarí

     William B. Sears

     'Ali-Akbar Furútan

     Enoch Olinga

     Dhikru'lláh Khádem

     John Robarts

     Hasan Balyuzi

     Shu'á'u'lláh 'Alá'í

     John Ferraby

     Jalál Kházeh

     H. Collis Featherstone

     Rahmatu'lláh Muhájir

     Horace Holley

     'Abu'l-Qásim Faizí

     Corinne True

     Paul E. Haney
 


Les Paroles Cachées en arabe

Le Gardien de la foi bahá'íe